
Un voyage à Nosy Be, à quelques kilomètres de la grande île (c’est comme ça que les initiés appellent Madagascar) dans le canal du Mozambique, ça vous dit ? Habitant à l’île Maurice depuis 2012, il était temps pour moi de découvrir Nosy Be, surnommée, à juste titre, l’île aux parfums. Et ça tombe bien puisqu’un ami y est déjà en vacances depuis déjà plusieurs semaines… Je partagerai donc son bungalow et nous découvrirons ensemble la forêt primaire de Lokobe et Nosy Iranja… Depuis l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam de Maurice, direction l’île de la Réunion pour une très brève escale avant de voler deux heures pour rejoindre l’île de Nosy Be, terre malgache perdue dans les eaux chaudes du canal du Mozambique.
Une chaleur étouffante règne sur le tarmac du petit aéroport de Nosy Be. Ici, pas de passerelles qui vous basculent dans un aéroport climatisé. Un voyage à Nosy Be, c’est avant tout une aventure, loin du confort occidental. Bienvenue… en Afrique ou en Asie ? C’est la question que je me suis posée tout le long du trajet qui m’a conduite jusqu’à Dar Salaam, petit village touristique en bord de mer. Mais attention, n’allez pas vous imaginer des hordes de touristes avec sacs à dos, shorts kaki multipoches et appareils photo ! En réalité, c’est un village touristique, mais qui finalement n’en comptent que très peu. L’île de Nosy Be accueille environ 120 000 touristes à l’année, et la saison la plus touristique se situe entre juin et août (pendant la saison des grandes vacances en Europe), donc, pendant mon voyage à Nosy Be en décembre 2024, les touristes ne se bousculaient pas, pour mon plus grand plaisir ! À cette période, les touristes occidentaux qui voyagent dans l’océan Indien se retrouvent plutôt sur les plages mauriciennes… Et pour la température de Nosy Be au mois de décembre, rien de nouveau sous le soleil de l’océan indien : il fait très chaud et humide, même si ce n’est pas encore la saison des grosses pluies ! Si on supporte bien la chaleur tropicale, on peut donc valider sans problème un voyage à Nosy Be au mois de décembre !
Pour travailler, je n’ai besoin que de deux choses : mon ordinateur portable et une connexion internet. Pour un digital nomad habitué aux capitales européennes ou aux spots les plus connus d’Asie du Sud-Est, la question de l’accès à l’électricité ne se pose pas, mais, ici, nous sommes en Afrique ! Autant dire que si la maison, le bungalow ou l’appartement que vous louez lors de votre voyage à Nosy Be n’est pas équipé de panneaux solaires, vous allez galérer !

Ici, les pannes d’électricité sont quotidiennes et peuvent durer des heures (ce qui veut dire aussi pas d’air conditionné et pas de ventilateurs !) Vous l’aurez compris : si vous envisagez de poser vos valises de digital nomad à Nosy Be (ou plus généralement à Madagascar), assurez-vous que votre location soit équipée de panneaux solaires. Bien entendu, cela fera vite monter le loyer de votre location, car les panneaux solaires sont hors de prix pour les Malgaches, ce qui explique pourquoi très peu de logements en sont équipés. Par contre, pour la connexion internet, Orange Madagascar vend des forfaits mensuels au top… J’ai été surprise de voir la qualité de connexion lors d’un appel vidéo passé depuis Nosy Iranja vers Paris. L’image était nette et le son ne coupait pas, donc, pour les digital nomad qui doivent faire régulièrement des réunions ou des appels en visio, un voyage à Nosy Be entre travail et découvertes est tout à fait envisageable !
En revanche, pour les digital nomad qui aiment travailler dans des espaces de coworking climatisés en sirotant un matcha latte, l’île de Nosy Be n’est pas adaptée. Ici, les espaces de coworking n’existent pas. Vous ne croiserez jamais personne dans la rue avec un ordinateur portable à la main. Et vous ne trouverez aucun matcha latte, ni aucune boisson trendy que vous avez l’habitude de boire à New York, Varsovie ou Bali. Ici, la mondialisation globale est restée à la porte du pays. Pour les digital nomad qui aiment l’aventure au cœur d’une terre authentique, un voyage à Nosy Be est un bon choix, mais si vous voulez travailler tout en réseautant avec des expatriés des 4 coins du monde depuis des cafés branchés où vous commanderez des burgers vegan, passez votre chemin ; l’île de Nosy Be n’est pas faite pour vous !

À Nosy Be, il n’y a pas beaucoup de voitures, mais les routes principales, goudronnées depuis le printemps 2024, sont envahies de tuk tuk… ce qui donne un vrai petit air d’Asie à l’île de Nosy Be. Entre tuk tuk et charrettes à bœuf, le dépaysement est complet, même pour moi qui habite à l’île Maurice depuis de nombreuses années… Au bord des chemins, des arbres d’ylang-ylang qui embaument, des zébus, des canards et des poules, et des piétons, beaucoup de piétons… Ici, peu de Malgaches sont véhiculés et un ariary (la monnaie locale) est un ariary, donc ils évitent de prendre le tuk tuk pour une petite distance. En tuk tuk, on peut aller partout sur l’île, ce qui donne aux excursions un charme tout particulier. Et ce qui est bien, c’est que rien n’arrête le tuk tuk malgache… Si un 4*4 peut le faire, alors le tuk tuk le fera aussi ! Accrochez-vous car votre voyage à Nosy Be va secouer ! Routes caillouteuses, boueuses, qui montent, voire même les trois en même temps, rien n’effraie les chauffeurs de tuk tuk, pas même les contrôles de polices, qui ressemblent plus à des check-points moyennant un petit billet qu’à des contrôles aléatoires. Pour une excursion inoubliable lors de vos vacances à Nosy Be, vous pouvez prendre un tuk tuk “spécial”, c’est-à-dire que vous privatisez votre tuk tuk, ou, sinon, vous pouvez aussi le partager, jusqu’à trois personnes par tuk tuk, sans compter les bébés et jeunes enfants qui s’entassent sur les genoux de leurs mères… C’est un peu l’aventure, on est collés-serrés, mais, le nez au vent, on est aussi aux premières loges pour capturer les scènes de vie authentique de l’île…
Si vous voulez voir des lémuriens sauter sur vos épaules lors de votre voyage à Nosy Be, rendez-vous à Lémuria Land. Entouré de touristes, vous ferez la rencontre de ces animaux étonnants qui ne vivent qu’à Madagascar, mais, si vous voulez vivre un moment plus authentique à la rencontre des lémuriens lors de votre voyage à Nosy Be, direction le parc national de Lokobe !
La découverte de Lokobe se fait en une journée et vous laissera d’inoubliables souvenirs… Bien entendu, il est impératif d’avoir un guide pour vivre cette expérience unique. Nestor sera le nôtre lors de cette journée placée sous le signe de la découverte de la biodiversité malgache. Départ en tuk tuk de Dar Salaam pour rejoindre un petit village du sud-est de l’île… Déjà arrivé à Lokobe ? Certainement pas ! Maintenant, il faut embarquer à bord d’une pirogue traditionnelle et ramer le long de la côte de Nosy Be pour rejoindre le parc national de Lokobe et son petit village typique. Arrivé dans ce petit paradis où la modernité n’est pas encore arrivée (à l’exception de quelques panneaux solaires qui permettent aux habitants d’avoir de l’électricité), Nestor, notre guide lors de cette excursion à Nosy Be, nous accompagne dans la forêt primaire de Lokobe, à la recherche de lémuriens (plusieurs espèces habitent la forêt), de caméléons de toutes sortes, de boas (brrr), de couleuvres…
Nestor connaît toutes leurs cachettes et sa connaissance de la forêt nous permet de les observer sans les déranger. Ici, pas de touristes, pas de boa que l’on viendra placer autour de votre cou pour la photo souvenir de votre voyage à Nosy Be, pas de lémuriens qui vous sauteront sur les épaules. Au cœur de cette forêt primaire, on observe en silence la vraie vie sauvage. Rien n’est promis. Lors de notre excursion à Lokobe, nous n’avons pas vu de boas, et c’est certainement mieux comme ça !
Des plages immaculées sur un lieu de ponte de tortues marines, un banc de sable en plein canal du Mozambique, qui, à marée basse, permet de passer d’un îlot à l’autre, un village traditionnel de 200 âmes fait de cases sur pilotis en bois et en ravenala tressé… Ici, on est loin, très loin du tourisme de masse qui envahit les plages balinaises, thaïlandaises ou mexicaines. Lors de votre voyage à Nosy Be, Nosy Iranja est une excursion à ne pas manquer ! Et si vous avez le temps (prenez-le !), passez-y au moins une nuit ! Sur l’îlot, pas de routes, pas de voitures, pas de mobylettes, pas de chiens, mais des canards, quelques buffles et des chèvres. Au cœur de Nosy Iranja, un phare s’élève au-dessus de la cime des manguiers. J’ai rarement vu un endroit aussi naturel… Vers 14h30, les bateaux repartent vers Nosy Be ou la Grande île, qui ne se trouve qu’à quelques kilomètres. C’est maintenant que la beauté de Nosy Iranja se révèle au visiteur qui sait prendre le temps. Par hasard, nous avons rencontré le gardien du phare (qui n’est cependant plus en activité depuis une vingtaine d’années). Bon, pour être honnête, accéder en haut du phare est un peu risqué ; ce n’est pas éclairé, il manque certaines marches quand d’autres sont prêtes à céder et la structure est rongée par la rouille, mais assister au coucher de soleil à 360° sur Nosy Iranja, c’est juste fabuleux !

La découverte de Nosy Iranja a vraiment été le moment le plus marquant de mon voyage à Nosy Be… Manger du poisson grillé au bord de la plage, passer une partie de la nuit sous les étoiles, sans aucune pollution visuelle (il n’y a pas d’électricité ici) et juste être… Ici, les problèmes prennent de la distance, beaucoup de distance. Le lendemain, après quelques beignets de banane avalés aux aurores, les eaux chaudes du canal du Mozambique ne sont que pour nous (les bateaux qui amènent les visiteurs depuis Nosy Be n’arrivent que vers 11h du matin). La marée descend et nous guettons le moment le plus opportun pour rejoindre le second îlot qui forme Nosy Iranja, ce lieu magique et protégé où les tortues marines viennent pondre. Assister au premier grand voyage des bébés tortues après avoir traversé ce banc de sable au cœur du canal du Mozambique est l’un des moments les plus marquants de cette excursion à Nosy Iranja (et de mon voyage à Nosy Be !), à tel point que j’ai même envisagé de venir m’y installer plusieurs semaines pour faire la véritable expérience de vivre et de travailler, un temps, loin de tout ! Le problème serait bien sûr l’électricité, me direz-vous, mais j’ai déjà élaboré une solution qui serait, je pense, bien accueillie par le chef du village de Nosy Iranja… Un peu utopique ? Peut-être, je ne sais pas, mais c’est l’inspiration que m’a donnée mon incroyable voyage à Nosy Be !
